Critique sympathique: Karine Gonthier-Hyndman au Lili.Co

Lili & co: comme Georges Laraque

Émilie, mon amie d’enfance vient me chercher à la maison à 18h20. Je ne l’ai pas vue depuis des mois et nous sommes emballées comme des lapins en chocolat la veille de Pâques, à l’idée d’aller déguster un menu 6 services chez Lili & Co.

Ce soir il s’agit d’un menu fixe concocté par le chef du restaurant David Pellizarri et par son invité,  Frédéric D’Ambrosio, chef Lyonnais. Excitant.

Je sais que je devrai écrire une critique. Encore plus excitant.

Pour me faire une tête, j’ai consulté la critique de gens qui se sont prêté au jeu l’an dernier. Georges Laraque, entre autres. Un homme de peu de mots.

…Pas exactement mon profil.

Je prends place dans la voiture d’Émile avec la faim qui me tenaille; je me suis privée de bouffe dans les dernières heures pour être certaine de manger absolument TOUT ce qu’on nous mettra sous la dent. J’ai les sens aiguisés et je suis prête à gifler quiconque m’empêcherait de parvenir à mon repas.

Après ce qui me semble être une décennie (dans les faits on parle d’un bon 7 minutes) nous arrivons à destination. On est chaleureusement accueillies et on nous offre une place de choix, ma préférée: le comptoir.

L’ambiance est chaleureuse, la musique est bonne, et je me répète 4 fois que ça ne se fait pas de demander à mon voisin de gauche si je peux goûter à son plat, ce qui semble le mettre un peu mal à l’aise, si j’en crois le commentaire qu’il fait à sa femme.

La soirée commence bien: Émilie et moi sommes d’accord: on choisit de prendre l’accord mets-vins. C’est un très bon choix. Je ne m’étendrai pas sur la qualité des vins que nous avons bu ce soir parce que mon vocabulaire est trop restreint mais sachez qu’absolument tout ce que nous avons ingurgité était grandiose. F****ING GRANDIOSE!

Pour commencer, une entrée d’huître dans une sauce au fois gras accompagnée d’un cocktail à base de gin. L’accord est idéal. L’huître est délectable. Je suis sensible aux textures et l’échalote frite posée sur le dessus mêlée à la consistance gélatineuse de l’huître et à la sauce de foie gras est parfaite. Le foie gras occupe la place qu’il mérite sans toutefois couvrir le goût délicat de l’huître. Émilie me demande de me calmer, moi j’ai juste le goût d’en commander une vingtaine.5

Mention toute spéciale au second service qui est mon grand coup de coeur de la soirée (s’il fallait en choisir un). L’équilibre est absolument parfait entre la mousse sucrée et onctueuse de salsifis à l’orange, les morceaux concassés de chorizo (bien gras et salés), le panais en relish (parfaitement acidulé ) et la feuille de boudin délicatement posée sur le dessus. Tous les éléments d’un bon plat sont au rendez-vous: saveurs, textures, présentation et délicatesse. En un mot,  je m’en shooterais dans les veines.6

Troisième service: « couille d’agneau en croûte de persillade ». Et cette couille est délicieuse (!). Pour les plus sceptiques, sachez que contrairement à ce que l’on pourrait croire, il s’agit d’un morceau de viande assez ferme qui a la texture d’une  petite croquette de poulet frit. Le chutney de radis et de jus acidulé au miel et romarin rehausse parfaitement le goût de l’abat qui est quand même très subtil, et la friture lui confère un petit look « mauvais garçon » que j’aime bien. Mauvais garçon de bonne famille, on s’entend.

C’est un plat que je n’aurais jamais osé commander en temps normal  mais que je n’hésiterais plus à choisir si l’occasion se présentait. Cette couille m’a fait sentir intelligente et wild. Peu de couilles peuvent en dire autant.7

Service suivant: bun vapeur au ris de veau d’inspiration viêtnamienne mais complètement revisité. Qui savait que le beurre de pistaches et le ris de veau forment un couple à tout casser? Pas moi. Mais je suis vendue. Ce plat a un je-ne-sais-quoi qui rappelle le street food. Tout particulièrement sa texture et son côté convivial. J’ai failli essayer d’en glisser une petite dizaine dans ma sacoche. Heureusement, Émilie a menacé de me dénoncer aux chefs.

1

Émilie est heureuse, la soirée est bien entamée. Et nous arrivons au plat de « résistance « : des tortellinis de patate douce au canard confit. Une assiette réconfortante accompagnée d’un consommé de canard versé au tout dernier moment.  Le plat le plus classique de la soirée: délicat et raffiné. Wow. Je veux entreprendre un projet à long terme basé sur la confiance avec ces tortellinis.

2

Enfin, le dernier plat et non le moindre. Ok. Je vous le décris tel qu’écrit sur le menu parce que chaque détail compte: «  Écrasé de pommes confites au sirop d’Érable (je suis déjà gagnée), crémeux léger au poivre timut (j’en boirais en smoothie), cubes de foie gras poêlés (OH MY GOD )  et petits sablés au cheddar fumé (je pourrais tuer pour ces sablés. Littéralement). Exquis.

3

On est repues, heureuses, les oreilles pleines de hits des années 2000 et les papilles ravies.

Lili et co: bra-vo. une cuisine raffinée, subtile, brillante, créative. L’attention au détail est remarquable. Le service est parfait. Émilie est heureuse, je suis aux anges.

Comme dirait George Laraque, « Je recommande ce restaurant à tout le monde. »

Critique sympathique par: Karine Gonthier Hyndman, comédienne et actrice

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